La reconnaître sur les images
- La queue : épaisse à la base et effilée au bout, elle fait environ un tiers de la longueur totale. C'est le meilleur critère, de jour comme de nuit.
- La tête : aplatie, avec les oreilles, les yeux et les narines sur un même plan, et de longues moustaches blanches.
- La silhouette : corps allongé et fuselé, pattes courtes et palmées, pelage brun foncé, plus clair sous le cou.
- Dans l'eau : seule la tête dépasse, parfois le haut du dos.
De jour
Surtout active la nuit, elle est pourtant observée de plus en plus souvent en plein jour en France. Le pelage mouillé paraît hérissé. La gorge est plus claire, et les taches blanchâtres des lèvres et du cou diffèrent parfois assez d'une loutre à l'autre pour les distinguer.



De nuit, en infrarouge
L'infrarouge efface le brun : la loutre apparaît grise. Regardez la longueur du corps et la queue, épaisse à la base. Elle vit surtout seule : deux loutres ensemble sont en général une mère et ses jeunes, ou un mâle et une femelle pendant quelques jours.



Ne pas la confondre
Une tête sortant de l'eau ne suffit pas toujours : sans la queue ni les dents, restez prudent. Une identification incertaine est une donnée juste, un choix au hasard fausse les résultats. La méthode complète est dans reconnaître les espèces.
L'année de la loutre
- Toute l'année : la loutre n'a pas de saison de reproduction fixe. Des préférences existent pourtant selon les régions : l'OFB cite une période de rut plus fréquente de fin avril à fin juillet, et la SFEPM des pics de naissance au printemps dans de nombreuses régions d'Europe tempérée.
- Après environ 60 jours de gestation : 1 à 3 petits, rarement 4. Ils restent les deux premiers mois dans la catiche, nagent vers 3 mois, sont sevrés vers 4 mois et quittent leur mère vers 8 ou 9 mois, parfois à 1 an.
- D'octobre à avril : la meilleure période pour chercher des épreintes. Le marquage semble plus faible de juin à août, et la végétation dense gêne l'accès aux berges, sauf sous les ponts, où les niveaux d'eau restent stables.
- En hiver et après les crues : la neige, la boue et le limon gardent bien les empreintes. Une crue peut en revanche lessiver les épreintes : ne concluez pas à l'absence de la loutre juste après.
Où et comment la filmer
- Où : près d'un site de marquage actif, comme un rocher, une confluence, un seuil ou un tronc en travers de l'eau. Sous un pont, la loutre passe souvent à pied le long de la berge plutôt qu'à la nage.
- Hauteur : à hauteur de genou, autour de 50 cm, de biais par rapport au passage et à quelques mètres de lui (voir bien poser).
- Au bord de l'eau : le niveau peut monter et abîmer le piège. Fixez-le solidement à un tronc, au-dessus des hautes eaux, et évitez les berges basses à l'approche d'une crue. Les postes de marquage changent eux aussi avec le niveau de l'eau.
- Réglages : préférez un déclenchement rapide, de 0,1 à 0,2 seconde selon une étude menée en Espagne, et un modèle à LED noires, moins repérable que les LED rouges. Sa fourrure très dense peut empêcher la détection : un passage peut manquer sur vos images (voir bien régler).
Les indices à chercher avant de poser
La loutre est très difficile à observer, mais elle laisse des traces sur son passage. Les épreintes et les empreintes sont les indices de référence de ses suivis : cherchez-les à pied le long des berges et sous les ponts.
Les épreintes
C'est le nom de ses crottes, et son meilleur indice. Ce sont de petits tas, souvent allongés, qui contiennent des écailles et des arêtes de poisson, des os de batraciens ou des carapaces d'écrevisses, selon le repas. Fraîche, une épreinte est molle et vert foncé. Elle sèche ensuite, devient noirâtre, puis s'éclaircit en se délitant.
L'odeur est le meilleur critère : elle rappelle le miel mêlé d'un léger fumet de poisson, et elle persiste longtemps. Une crotte de vison d'Amérique peut lui ressembler, mais son odeur est forte et désagréable.



Où trouver les épreintes
La loutre les dépose bien en vue pour marquer son territoire, souvent sur les points hauts et plats : pierres au milieu de l'eau, troncs, bancs de sable, confluences, seuils, pieds d'arbres et ponts. Sous un pont, à l'abri de la pluie, une épreinte peut se conserver des semaines.


Les empreintes et la piste
Cinq doigts en éventail, avec de petites griffes collées aux doigts, une empreinte d'environ 6 cm à l'avant et 7 cm à l'arrière. Le cinquième doigt manque souvent, mais l'axe de l'empreinte passe au milieu d'un doigt, et non entre deux comme chez le chien. La palmure reste rarement visible. Le limon, le sable fin et la neige sont les meilleurs supports.
Le ragondin laisse des doigts longs et griffus, en forme de main. Le blaireau a aussi cinq doigts, mais alignés, avec une très longue griffe. Le vison et le putois marquent bien plus petit : 3 à 4 cm, comme un loutron.





Les coulées et les restes de repas
Pour couper un méandre, la loutre emprunte les mêmes trajets et finit par tracer une coulée. Elle est sinueuse et étroite, l'herbe y est foulée, et une épreinte la signe parfois à l'entrée et à la sortie. Celle du ragondin est plus droite, avec l'herbe broutée ou écrasée.
Sur les rives, des pinces d'écrevisses ou l'arrière d'un crapaud peuvent aussi être des restes de loutre. D'autres animaux en laissent de semblables : ne vous y fiez qu'avec un autre indice.

Le gîte
La catiche se cache dans la berge, souvent entre les racines d'un arbre, et son entrée est fréquemment sous l'eau. Des épreintes nombreuses à l'entrée d'une cavité discrète signalent souvent un gîte occupé : éloignez-vous sans insister.
Suivre la loutre dans NaturaTrack
La loutre d'Europe est présente dans le référentiel TAXREF du logiciel. Dès que vos images sont identifiées, sa fiche regroupe ses observations, ses heures de passage, la part du jour et de la nuit, l'effet de la lune et la carte de ses visites sur vos pièges.
Repères généraux, qui varient selon les individus et les régions. Sources : Larousse, Vie sauvage ; SFEPM, La Loutre d'Europe et Méthodes et protocoles de suivi ; OFB ; Groupe mammalogique breton, Identifier les indices de présence de la Loutre d'Europe ; info fauna, risque de confusion ; MNHN-SPN, synthèse Trame verte et bleue ; London Wildlife Trust ; Wikipédia, Loutre d'Europe ; INPN, Muséum national d'Histoire naturelle.
