Le reconnaître sur les images
- La tête : blanche, avec deux bandes noires qui vont du museau aux oreilles en passant par les yeux. C'est le meilleur critère, de jour comme de nuit.
- La silhouette : corps massif et bas, cou court, pattes courtes et sombres, queue courte.
- L'allure : une démarche roulante, souvent le museau au ras du sol.
De jour
Le dos gris argenté tranche avec les pattes et la poitrine noires, et la tête rayée se voit de loin. Ces images restent plus rares, car le blaireau sort surtout la nuit.


De nuit, en infrarouge
L'infrarouge efface les couleurs, pas le contraste : la tête reste rayée. Tout près du piège, le blanc peut saturer et faire disparaître ces détails. Regardez alors la silhouette basse et l'allure.



Ne pas le confondre
Si la tête n'est pas visible, restez prudent : une identification incertaine est une donnée juste, un choix au hasard fausse les résultats. La méthode complète est dans reconnaître les espèces.
L'année du blaireau
- Décembre à février : il n'hiberne pas, mais sort peu par grand froid et vit sur ses réserves. Il reprend ses sorties dès que le temps se radoucit.
- Janvier à mars : les naissances, au terrier, surtout en février. Une portée compte en général 2 ou 3 petits, encore invisibles pour un piège.
- Avril à juillet : les jeunes font leurs premières sorties vers 8 semaines. Le sevrage commence vers 12 semaines et s'achève vers 4 ou 5 mois.
- En automne : il atteint son poids le plus élevé juste avant l'hiver, et les jeunes ont presque la taille des adultes.
Où et comment le filmer
- Où : sur une coulée, près d'une latrine, à distance d'un terrier, ou en bordure de prairie, où il cherche les vers de terre.
- Hauteur : autour de 50 cm, le piège à peu près parallèle au sol, de biais par rapport au passage et à quelques mètres de lui (voir bien poser).
- Réglages : une vidéo de 20 à 30 secondes laisse le temps de voir sa tête, même s'il fouille le sol, et un délai court évite de manquer le blaireau suivant (voir bien régler).
Les indices à chercher avant de poser
Le blaireau marque beaucoup son territoire et emprunte toujours les mêmes passages : ces traces indiquent où poser le piège.
Les latrines et les crottes
C'est le meilleur indice. Le blaireau dépose ses crottes dans de petits trous qu'il creuse, les « pots », regroupés en latrines, surtout au printemps et en automne. Elles mesurent 4 à 8 cm de long, sont brunes à noirâtres et changent d'aspect avec le régime, de sèches et allongées à molles et informes. On y trouve parfois des noyaux de fruits.


Les empreintes
Cinq doigts assez bien alignés, une large pelote et de longues griffes, surtout aux pattes avant. L'empreinte mesure environ 4 à 7 cm de long selon la patte. Le renard, lui, ne marque que quatre doigts.


Les coulées et les poils
À force de passages, les blaireaux tracent des sentiers nets, qui relient les terriers et longent les limites du territoire. Là où une coulée passe sous une clôture, cherchez leurs longs poils raides accrochés au grillage.


Le terrier
Ses entrées font en général 20 à 30 cm de diamètre, avec de la terre rejetée devant. Un terrier en compte en moyenne cinq, parfois plusieurs dizaines dans les plus anciens, et peut rester occupé pendant des générations.


Suivre le blaireau dans NaturaTrack
Le blaireau européen fait partie du référentiel TAXREF intégré au logiciel. Une fois vos images identifiées, sa fiche rassemble le nombre d'observations, ses heures d'activité, la part du jour et de la nuit, l'effet de la lune et la carte de ses passages sur vos pièges.
Repères généraux, qui varient selon les individus et les régions. Sources : Larousse, Vie sauvage ; Wikipédia, Blaireau européen ; Natagora, formation aux traces ; INPN, Muséum national d'Histoire naturelle.
