Espèces · Mustélidés

Putois d'Europe

Mustela putorius

Discret et surtout nocturne, le putois d'Europe fréquente les zones humides, le bocage et les bois clairs, et compte parmi les mustélidés les plus difficiles à observer. Son masque clair et sombre le trahit sur les images, à condition d'écarter le furet et les visons.

Putois d'Europe de trois quarts sur la mousse d'un sous-bois, le masque clair et sombre bien visible
Corps
35 à 60 cm
Queue
8 à 17 cm
Poids
0,4 à 1,5 kg
Milieux
Zones humides, bocage, bois clairs
Activité
Crépuscule et nuit
Liste rouge
Quasi menacée

Le reconnaître sur les images

  • Le masque : museau, sourcils et bord des oreilles blancs sur une tête sombre. C'est le meilleur critère, de jour comme de nuit. Il est plus ou moins marqué, et parfois absent chez les jeunes et les individus très sombres.
  • Les oreilles : petites et rondes, bordées de blanc, elles dépassent nettement de la fourrure.
  • Le pelage : longs poils sombres sur une bourre jaunâtre, qui éclaircit les flancs. Le ventre, les pattes et la queue sont presque noirs.
  • La silhouette : corps allongé, tête petite et plate, pattes courtes et queue courte.

De jour

Ces images restent rares, même s'il sort un peu plus en journée en automne et en hiver. Le contraste entre les flancs clairs et les pattes noires se voit de loin. De près, regardez le masque et la gorge.

Putois sombre filmé de jour par un piège photographique, le museau et le bord des oreilles clairs
De jour, vu par un piège : corps et queue sombres, museau et bord des oreilles clairs.
Putois assis sur la neige, les flancs dorés, les pattes noires et le masque bien visible
En hiver, la bourre épaisse éclaircit les flancs, et les pattes restent noires.
Putois de face entre des fougères, le masque blanc et sombre bien visible
De face, le masque : museau, sourcils et bord des oreilles blancs.
Putois de profil penché vers l'eau, entre des branches
De profil au bord de l'eau, avec la bande claire entre l'œil et l'oreille.

De nuit, en infrarouge

L'infrarouge efface le jaune de la bourre, mais pas les contrastes : les flancs ressortent clairs, les pattes et le cou restent foncés, et le visage garde son masque. Selon l'angle et la distance, le corps peut paraître très pâle ou très sombre. Fiez-vous au visage et à la silhouette.

Putois de profil filmé en infrarouge devant un tronc, les flancs clairs et les pattes foncées
En infrarouge : flancs clairs, cou et pattes foncés, et masque toujours lisible.
Putois de face filmé en infrarouge sur un sol nu, devant des roseaux
De face, dans une roselière : le museau clair et le bord des oreilles ressortent.
Putois de profil filmé en infrarouge dans les feuilles mortes, le corps sombre et la tête claire
Ici le corps paraît sombre, mais la tête claire et l'oreille restent bien visibles.

Ne pas le confondre

SosieCe qui le distingue
Furet domestiqueForme domestique du putois, dont il peut garder les couleurs. Pelage souvent plus clair, masque moins contrasté, parfois gorge ou pattes blanches et poils blancs épars.
Vison d'AmériquePresque noir et uniforme, sans masque autour des yeux : seulement une tache blanche au menton, souvent dissymétrique. Oreilles peu visibles et lien plus fort avec l'eau.
Vison d'EuropeEn danger critique d'extinction : brun uniforme, tache blanche autour du museau, oreilles cachées dans la fourrure, pas de masque. Une observation à faire confirmer.
Putois sombre ou jeuneCertains adultes ont la face sombre et presque pas de masque, et les jeunes sont plus foncés. Cherchez le contraste entre la bourre jaunâtre et les longs poils noirs.
FouineComme la martre, elle a une longue queue touffue et une bavette claire sur la gorge, sans masque sur le visage.

Si le visage n'est pas visible, restez prudent : une identification incertaine est une donnée juste, un choix au hasard fausse les résultats. Notez alors « putois ou vison ». Aucune population sauvage de furets n'est connue en France, mais un animal échappé reste possible, et une image seule ne permet pas toujours de trancher. La méthode complète est dans reconnaître les espèces.

L'année du putois

EspèceMomentJFMAMJJASOND
Rut : mars à avril
Naissances : mai à juin
Jeunes : juin à août
Dispersion : août à septembre
Moins actif : octobre à février
RutNaissancesPetits visiblesHibernation, reposAutres moments forts
  • Mars-avril : le rut. Les mâles cherchent activement les femelles et parcourent de plus longues distances.
  • Mai-juin : les naissances, après environ 40 jours de gestation, dans un nid de foin, de plumes et de fourrure caché dans une cavité. Une seule portée par an, de 5 jeunes en moyenne.
  • Juin à août : les jeunes sont sevrés vers 6 semaines et indépendants vers 3 mois. La mère semble jouer un rôle dans leur apprentissage de la chasse.
  • Août-septembre : les jeunes se dispersent. De nouveaux individus peuvent alors passer devant les pièges.
  • En automne et en hiver : il reste actif toute l'année, mais moins. Il est alors plus souvent dehors de jour et semble moins farouche. Il peut aussi se réfugier dans les bâtiments agricoles.

Où et comment le filmer

  • Où : au bord des étangs, des fossés et des cours d'eau, le long des haies et des lisières qu'il suit pour se déplacer, ou près d'une garenne. Il change de milieu avec les saisons : une étude l'a surtout trouvé en boisement en automne et en hiver, et dans les marais, les fossés et les étangs au printemps.
  • Hauteur : plus bas que pour un renard, le piège à peu près parallèle au sol, de biais par rapport au passage (voir bien poser).
  • Réglages : une vidéo de 15 à 20 secondes, un délai de 10 à 30 secondes et une sensibilité haute. La vidéo laisse le temps de voir le visage, indispensable pour écarter un furet ou un vison (voir bien régler).
Le putois est quasi menacé en France. Près d'un gîte ou d'un terrier occupé, posez le piège à distance et espacez les visites, et ne publiez pas la position exacte (voir ce que dit la loi).

Les indices à chercher avant de poser

Le putois ne laisse pas de coulées reconnaissables, et ses traces se confondent facilement avec celles des visons. Elles orientent une pose, sans prouver sa présence : seul le piège le confirmera.

Les empreintes

Environ 4 cm de long, avec des pelotes et des griffes bien marquées. Elles ressemblent à celles de la fouine, en plus petit, et sont presque identiques à celles des visons, qui écartent un peu moins les doigts. Dans la neige, les quatre pieds se distinguent et la queue laisse souvent sa trace.

Empreinte de putois dans la boue, à côté d'un mètre ruban
Une empreinte dans la boue : les griffes se marquent devant les doigts.

Les crottes

Longues, cylindriques et torsadées, effilées à un bout, de 5 à 8 mm de diamètre et jusqu'à 7 cm de long, avec une forte odeur. Elles sont difficiles à trouver : le putois les dépose plutôt dans son gîte ou ses lieux de repos, parfois à la sortie du gîte. Leur aspect change avec le régime, et seule une analyse ADN confirme l'espèce.

Crotte torsadée attribuée au putois sur une pierre, à côté d'un mètre ruban
Une crotte attribuée au putois, torsadée et effilée au bout.
Crotte enroulée attribuée au putois sur de la mousse, au-dessus d'un mètre ruban
Sur la mousse, une autre crotte attribuée au putois, enroulée sur elle-même.

Les restes de repas

Au bord des étangs et dans les marais, il laisse des restes de grenouilles et de crapauds. Il ne mange généralement pas la tête des crapauds.

Le gîte

Il dispose de plusieurs gîtes dans son domaine et leur reste assez fidèle. Il occupe aussi des terriers abandonnés de renard ou de blaireau, et fréquente les abords des garennes. En hiver, il s'abrite parfois dans les bâtiments agricoles ou les meules de foin.

Putois filmé en infrarouge sur la terre rejetée devant l'entrée d'un terrier
Un putois devant un terrier : un bon endroit pour un piège, à distance.

Suivre le putois dans NaturaTrack

Le putois d'Europe est repris dans le référentiel TAXREF du logiciel. Dès que vos images sont identifiées, sa fiche affiche le nombre d'observations, les heures d'activité, le partage entre le jour et la nuit, l'effet de la lune et la carte de ses passages sur vos pièges.

Repères généraux, qui varient selon les individus et les régions. Sources : SFEPM, Plan national de conservation du Putois d'Europe ; Savouré-Soubelet, Fiches de terrain pour les petits carnivores de Midi-Pyrénées ; Wikipédia, Putois d'Europe ; Vincent Wildlife Trust et Gloucestershire Naturalists' Society, putois et furets ; INPN, Muséum national d'Histoire naturelle.

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