Le reconnaître sur les images
- Le masque : museau, sourcils et bord des oreilles blancs sur une tête sombre. C'est le meilleur critère, de jour comme de nuit. Il est plus ou moins marqué, et parfois absent chez les jeunes et les individus très sombres.
- Les oreilles : petites et rondes, bordées de blanc, elles dépassent nettement de la fourrure.
- Le pelage : longs poils sombres sur une bourre jaunâtre, qui éclaircit les flancs. Le ventre, les pattes et la queue sont presque noirs.
- La silhouette : corps allongé, tête petite et plate, pattes courtes et queue courte.
De jour
Ces images restent rares, même s'il sort un peu plus en journée en automne et en hiver. Le contraste entre les flancs clairs et les pattes noires se voit de loin. De près, regardez le masque et la gorge.




De nuit, en infrarouge
L'infrarouge efface le jaune de la bourre, mais pas les contrastes : les flancs ressortent clairs, les pattes et le cou restent foncés, et le visage garde son masque. Selon l'angle et la distance, le corps peut paraître très pâle ou très sombre. Fiez-vous au visage et à la silhouette.



Ne pas le confondre
Si le visage n'est pas visible, restez prudent : une identification incertaine est une donnée juste, un choix au hasard fausse les résultats. Notez alors « putois ou vison ». Aucune population sauvage de furets n'est connue en France, mais un animal échappé reste possible, et une image seule ne permet pas toujours de trancher. La méthode complète est dans reconnaître les espèces.
L'année du putois
- Mars-avril : le rut. Les mâles cherchent activement les femelles et parcourent de plus longues distances.
- Mai-juin : les naissances, après environ 40 jours de gestation, dans un nid de foin, de plumes et de fourrure caché dans une cavité. Une seule portée par an, de 5 jeunes en moyenne.
- Juin à août : les jeunes sont sevrés vers 6 semaines et indépendants vers 3 mois. La mère semble jouer un rôle dans leur apprentissage de la chasse.
- Août-septembre : les jeunes se dispersent. De nouveaux individus peuvent alors passer devant les pièges.
- En automne et en hiver : il reste actif toute l'année, mais moins. Il est alors plus souvent dehors de jour et semble moins farouche. Il peut aussi se réfugier dans les bâtiments agricoles.
Où et comment le filmer
- Où : au bord des étangs, des fossés et des cours d'eau, le long des haies et des lisières qu'il suit pour se déplacer, ou près d'une garenne. Il change de milieu avec les saisons : une étude l'a surtout trouvé en boisement en automne et en hiver, et dans les marais, les fossés et les étangs au printemps.
- Hauteur : plus bas que pour un renard, le piège à peu près parallèle au sol, de biais par rapport au passage (voir bien poser).
- Réglages : une vidéo de 15 à 20 secondes, un délai de 10 à 30 secondes et une sensibilité haute. La vidéo laisse le temps de voir le visage, indispensable pour écarter un furet ou un vison (voir bien régler).
Les indices à chercher avant de poser
Le putois ne laisse pas de coulées reconnaissables, et ses traces se confondent facilement avec celles des visons. Elles orientent une pose, sans prouver sa présence : seul le piège le confirmera.
Les empreintes
Environ 4 cm de long, avec des pelotes et des griffes bien marquées. Elles ressemblent à celles de la fouine, en plus petit, et sont presque identiques à celles des visons, qui écartent un peu moins les doigts. Dans la neige, les quatre pieds se distinguent et la queue laisse souvent sa trace.

Les crottes
Longues, cylindriques et torsadées, effilées à un bout, de 5 à 8 mm de diamètre et jusqu'à 7 cm de long, avec une forte odeur. Elles sont difficiles à trouver : le putois les dépose plutôt dans son gîte ou ses lieux de repos, parfois à la sortie du gîte. Leur aspect change avec le régime, et seule une analyse ADN confirme l'espèce.


Les restes de repas
Au bord des étangs et dans les marais, il laisse des restes de grenouilles et de crapauds. Il ne mange généralement pas la tête des crapauds.
Le gîte
Il dispose de plusieurs gîtes dans son domaine et leur reste assez fidèle. Il occupe aussi des terriers abandonnés de renard ou de blaireau, et fréquente les abords des garennes. En hiver, il s'abrite parfois dans les bâtiments agricoles ou les meules de foin.

Suivre le putois dans NaturaTrack
Le putois d'Europe est repris dans le référentiel TAXREF du logiciel. Dès que vos images sont identifiées, sa fiche affiche le nombre d'observations, les heures d'activité, le partage entre le jour et la nuit, l'effet de la lune et la carte de ses passages sur vos pièges.
Repères généraux, qui varient selon les individus et les régions. Sources : SFEPM, Plan national de conservation du Putois d'Europe ; Savouré-Soubelet, Fiches de terrain pour les petits carnivores de Midi-Pyrénées ; Wikipédia, Putois d'Europe ; Vincent Wildlife Trust et Gloucestershire Naturalists' Society, putois et furets ; INPN, Muséum national d'Histoire naturelle.
