Le reconnaître sur les images
Aucun critère ne suffit seul : c'est leur réunion sur le même animal qui compte, et il faut donc voir la queue entière et le dos.
- La queue : épaisse et cylindrique, terminée par un manchon noir au bout arrondi, avec 2 à 5 anneaux noirs fermés et bien séparés. C'est le meilleur critère.
- La raie du dos : une seule ligne noire et fine, qui s'arrête à la base de la queue sans se prolonger dessus.
- Les flancs : un fond gris ou fauve clair, des rayures peu marquées, plus floues que celles d'un chat tigré et qui ne rejoignent pas la raie du dos.
- La tête et la nuque : quatre rayures noires, parfois cinq, du front à la nuque. De près, on voit un menton blanc et une truffe rose cerclée de noir.
- Les pattes : pas de taches blanches nettes. Une petite tache sur la gorge ou le ventre reste possible.
- La silhouette : il paraît grand et robuste, avec un pelage long, mais ce n'est qu'une impression. Le poids n'est pas un critère.
De jour
Regardez d'abord la queue, puis suivez la raie du dos jusqu'à sa base. Une vue nette, de profil, est celle qui permet le mieux de juger.



De nuit, en infrarouge
L'infrarouge efface la couleur du fond, l'un des critères, mais pas le dessin : les anneaux et le manchon noir ressortent bien. Tout près du piège, le blanc peut saturer et cacher les rayures. Sans la queue, restez sur « chat indéterminé ».



Ne pas le confondre
Les critères de pelage écartent la plupart des chats domestiques, mais ils ne permettent pas de distinguer un chat forestier d'un hybride, et seule une analyse génétique tranche. Dans le doute, notez « chat indéterminé » : une identification incertaine est une donnée juste, un choix au hasard fausse les résultats. Pour faire valider une image, envoyez à l'association naturaliste de votre région au moins une vue du flanc, une du dessus et une de la queue. La méthode complète est dans reconnaître les espèces.
L'année du chat forestier
- Mi-janvier à fin février : le rut, l'une des meilleures périodes pour le voir. Des accouplements restent possibles de fin décembre à fin juin.
- Mars à mai : les naissances, surtout de mi-mars à fin avril, après une gestation de 63 à 69 jours. Une portée compte en général 3 ou 4 chatons. Quelques naissances, plus tardives, ont lieu jusqu'en automne.
- De mai à l'été : le sevrage commence vers un mois à un mois et demi, puis les jeunes accompagnent leur mère de plus en plus loin.
- Au début de la fenaison : l'herbe coupée rend les proies plus faciles à attraper, et il vient chasser dans les prairies en bordure de forêt.
Où et comment le filmer
- Où : les lisières de grands massifs de feuillus ou mixtes, surtout quand elles bordent des prairies naturelles, ainsi que les clairières à taillis.
- Hauteur : autour de 50 cm, de biais par rapport au passage et à quelques mètres de lui, pour voir l'animal entier de profil, queue comprise (voir bien poser).
- Réglages : une vidéo de 20 à 30 secondes laisse le temps de voir la queue et le dos sous plusieurs angles, et un délai court évite de ne filmer que l'arrière de l'animal (voir bien régler).
Les indices à chercher avant de poser
Ses traces sont discrètes et ressemblent à celles d'un chat domestique : elles aident à choisir un emplacement, jamais à prouver sa présence.
Les crottes
Noires ou grises, compactes et cylindriques, souvent effilées au bout, faites de plusieurs morceaux liés, avec des poils, des plumes ou des os. Il les pose sur une petite hauteur ou les recouvre, dans un trou ou sous les feuilles mortes. Fraîches, elles sentent fort.


Les empreintes et les griffades
Quatre doigts en éventail autour d'une grande pelote, une forme ronde et aucune griffe marquée. L'empreinte mesure environ 4 cm sur 3,5 cm, à peine plus que celle d'un chat domestique : ne vous en servez pas pour trancher. Il fait aussi ses griffes sur les troncs, où il laisse de nombreuses griffades.


Les gîtes
De la fin de l'automne au début du printemps, il se repose dans un terrier, une souche creuse, un tas de branches ou une anfractuosité de rocher. Le reste de l'année, il fréquente surtout les jeunes plantations denses et les broussailles, et change souvent de place. La femelle met bas dans un abri discret, comme un arbre creux ou un tas de bois.


Suivre le chat forestier dans NaturaTrack
Le chat forestier figure dans le référentiel TAXREF du logiciel. Réservez-lui les images où les critères se lisent : sa fiche réunira alors le nombre d'observations, les heures d'activité, la part du jour et de la nuit, l'effet de la lune et la carte de ses passages sur vos pièges.
Repères généraux, qui varient selon les individus et les régions. Sources : Larousse, Vie sauvage ; OFB, fiche espèce ; Ruette et al., Faune sauvage n° 292, ONCFS ; Léger et al., Faune sauvage n° 280, ONCFS ; Wikipédia, Chat forestier ; Savouré-Soubelet et al., fiches de terrain petits carnivores ; Bourgogne-Franche-Comté Nature, livret traces ; Waldwissen, chats domestiques en forêt ; INPN, Muséum national d'Histoire naturelle.
